Cadre Origami

Cadre Origami
DIY: un cadre origami

Recharge 17/18

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Recharge personal 2017/18

Silhouette Portrait: 8 idées créatives

Silhouette Portrait: 8 idées créatives
Silhouette: 8 idées créatives

J'ai craqué à 26 ans.

Je n’aurais jamais pensé écrire à ce sujet. C’est triste, c’est tabou, car souvent incompris... Mais voilà, depuis que j’ai ouvertement dit que j’avais été arrêtée pour un burn out, j’ai reçu quantité de messages: des témoignages d’expériences similaires, des questions, des encouragements. Evidemment, cela m’a beaucoup touchée, mais j’étais aussi sidérée de découvrir que je n’étais pas seule. 

Un soir, j’ai discuté avec Azylis, qui a écrit un article très juste sur le sujet. Cela m’a fait du bien de retrouver mon expérience à travers les yeux de quelqu’un d’autre. J’ai donc décidé de me livrer à mon tour : j’ai repris le travail, je clos donc ce douloureux chapitre du burn out. Voici mon témoignage, certes long, car il est dur d’être synthétique sur un sujet aussi personnel.


Le burn out : c’est quoi?


Avant toute chose, le burn out qu’est ce que c’est ? C’est un peu le mal de la décennie, ce mot qu’on entend partout, tout le monde en diagnostique à tout le monde. Selon le Larousse c’est un « syndrome d’épuisement professionnel caractérisé par une fatigue physique et psychique intense, générée par des sentiments d’impuissance et de désespoir ».

Voilà. Personnellement, j’ai craqué à 26 ans, au bout de 15 jours de cours, à l’aube de ma 4ème année d’enseignement. Craquer si jeune, et dans ce métier fort critiqué, c’était un peu la honte, mais ça, j’y reviendrai plus tard.

Pourquoi? Où? Quand? Comment?

Je ne vais pas rentrer dans les détails, ce serait  beaucoup trop long. On peut résumer en disant que sur le poste que j’occupais, trop de choses négatives se sont accumulées. Avec les élèves cela allait, contrairement à l’image cliché qu’on a tous du prof dépressif à cause de petits monstres. C’était tout ce qui allait autour qui défaillait : administration, logistique, matériel, manque de moyens, considération hiérarchique... Je vous la fais courte sous forme d’équation catastrophe :

2 collèges X (transport de 4 sacs par jour + problèmes de dos)
+ 2 collèges X (voyages à gogo + solitude level 100 / pas le temps de voir les collègues)
+ supérieure au dialogue brutal X (accueil très désagréable + remarques négatives constantes)
+ mise PP de force X ( élèves à besoins particuliers + pas de médecin scolaire + pas d’infirmière)
Divisez le tout par les 2 RDV et 10 coups de fils aux parents que j’ai enchaînés en 2 semaines.

J'avais déjà eu ces problèmes auparavant: mais pas tous en même temps. On était qu’à deux semaines post-rentrée, pourtant j’avais l’impression d’avoir vécu déjà 3 mois et de couler. Je ne pense pas que j’étais la seule à souffrir de ce climat, mais contrairement à d’autres, je n’ai pas tenu le choc. 
Je n’ai pas su « voir » tout cela tout de suite. Au début, je me disais juste que je n’étais pas bien. En discutant avec mes proches, mes amis, on s’est tous dit la même chose : c’est de la fatigue, il faut reprendre le rythme. Les reprises, c’est toujours dur. "Eh puis bon, tous les boulots ont leur lot de points négatifs, c’est normal ". Ce que je ne réalisais pas, c'est que cela devient anormal lorsque les points négatifs deviennent majoritaires.


Tout commence par une baisse de moral...

Sans m’en rendre compte, je commence à aller au travail à reculons. Je commence à avoir mal au ventre dès que je me lève. J'en arrive à ne plus dormir la nuit, ou alors à me réveiller toutes les heures en ayant peur qu’il soit l’heure d’aller au boulot. J'en viens aussi à pleurer chaque soir en rentrant, et je continue à travailler jusque minuit en disant que je suis nulle, que je me suis peut-être trompée, que ce métier n’est pas pour moi. De la simple baisse de moral, on passe à de l'épuisement, et un corps qui ne suit plus.

Mercredi 21 Septembre 2016

En marchant dans un couloir je commence à avoir les larmes aux yeux. Une élève me demande si ça va. Je me reprends, et fais comme si de rien n’était. Non, j'en suis quand même pas à craquer d'épuisement devant les élèves... si?! Ce jour là, en sortant, je vais faire des courses. J’ai passé 30mn à pleurer sur le parking du supermarché, sans arriver à me calmer. C’était incontrôlable. Ce fut un peu un déclic : pourquoi je pleure après le travail ? Avant car j’ai pas envie d’y aller, c’est compréhensible, mais après ? C’est fini, normalement je devrais me sentir mieux !

Jeudi 22 Septembre 2016

C’est mon anniversaire ! Je devrais être contente... Mais non.
Mon chéri se lève, et me dit "mais, qu’est ce que tu fais ?"
J’étais en train de tourner en rond dans l’appartement : littéralement, vraiment, je me baladais sans m’arrêter. Je me suis entendue lui répondre "Je me demande comment je vais faire pour aller me doucher." ... Le choc: je ne savais pas si j’allais réussir à aller me doucher? On est où là?? Ce jour là, je suis allée chez le médecin. 

Et c’était parti

Le médecin m’a arrêtée une semaine, avec un traitement. Voyant mon état, il voulait me mettre deux semaines, mais j’ai refusé en lui disant "J’ai juste besoin de me reposer, et je ne veux pas lâcher mes élèves. Si vous m’arrêtez plus longtemps, j’ai peur de ne pas réussir à y retourner." Rien qu'à cette dernière phrase, on aurait déjà du se poser des questions.

Ca n’a pas loupé, j’ai passé la semaine à pleurer, à dire que j’allais démissionner, et la boule au ventre était toujours là. C’était même pire: j'avais peur d'aller au travail, ça en devenait une phobie. Le médecin m’a de nouveau arrêtée deux semaines. Je devais trouver un psychiatre, cela dépassait ses compétences. Sauf que c’est le désert médical : les psychiatres sont débordés. J'ai dû attendre 2 mois avant d'avoir un RDV.

En attendant mon rendez-vous, je passais mon quotidien à me dire que j’allais démissionner. Que j’étais nulle, qu’il fallait que je trouve une reconversion. Sauf que quand on est prof... C’est très dur de lâcher son métier, surtout si en plus on l'aime. Moi j'avais décidé d'être prof d'anglais à 11 ans, et j'ai jamais rien lâché. Alors on rumine :
"Mais qu’est ce que je vais faire ? Mon diplôme ne vaut rien ailleurs! Et j’ai un crédit à payer !"
"Tu as la sécurité de l’emploi, franchement, tu veux tout lâcher et prendre des risques ?"
"Tu as fait des études, tout ça pour ça ? Tu vas décevoir tes parents, t’as pas honte ?"
"Tu adores ton métier, que vas tu faire si tu arrêtes? C'est toute ta vie!"

Au bout de quelques temps, j’en étais à un tel point de déprime que je me fichais de mon salaire, de la sécurité de l’emploi, de décevoir les gens, de ce qu’on penserait de moi: j’étais tellement mal que j’aurais préféré tout sauf y retourner.

Le burn out: une histoire de honte & de culpabilité

On a honte de ne plus réussir à aller travailler, on se dit qu’on n’est pas normale à pleurer ainsi et à se retrouver dans un état aussi apathique. On se dit que notre entourage doit nous prendre pour une fainéante, ou une fragile qui fait des chichis. 

Être prof, c’était une double peine niveau honte et culpabilité : je m’en voulais d’avoir laissé mes élèves, car les remplaçants se font rares. Et pour couronner le tout, comment ne pas se sentir honteux quand la société passe son temps à nous répéter qu’on a un métier de rêve, facile, et de fainéant avec toutes ces vacances ?

Du coup, je me suis mise à ruminer :
"Pourquoi tu te mets dans des états pareils?"
"Sérieux, flancher à ce point si jeune, t’as un problème ma grande!"
"C’est pas possible, pourquoi les autres vont bien et pas moi?"
"T’es juste hyper fatiguée, ou alors t’es nulle, tu t’es carrément plantée de métier en fait."
"Il y a pire dans la vie, tu as tout pour être heureuse, tu devrais avoir honte de te sentir mal, d’autres vivent des épreuves bien plus dures."

Plus j’y pensais, plus je culpabilisais. Je me disais aussi que mes proches en souffraient: je n'étais pas la meilleure compagnie du monde à cette période, et cela allait aussi me mettre en difficulté financière.

Face à ma situation, les personnes les moins compréhensives m’ont dit "Oui enfin, c’est comme ça, c’est le jeu de l’éducation nationale, tu devrais le savoir sinon tu n’as qu’à démissionner si t’es pas contente"Je vous laisse imaginer: évidemment, ça ne m'a pas aidée niveau culpabilité et remise en question! Je ne souhaite pas à ces personnes de vivre ce que j’ai vécu, mais peut être qu’elles changeraient d’avis et comprendraient mieux si elles se retrouvées confrontées à un tel mal être.

L’évolution du burn out.

Les trois premiers mois, j’ai beaucoup pleuré, et je dormais 15h par jour. J'ai perdu beaucoup de poid. Mon corps avait trop encaissé, il récupérait. Je n’osais plus ouvrir mon sac de cours. J’angoissais rien qu’en lisant des trucs en rapport avec mon travail. J’avais le cœur qui battait, du mal à respirer, et je finissais en larmes. J’ai donc tout coupé : les groupes Facebook avec les collègues, les mails des établissement, les blogs de collègues... Je me suis éloignée de toute cette sphère, je l’ai bannie de ma vie. Je voulais démissionner et ne plus entendre parler de tout ça.

Puis j’ai vu mon psy. Qui m’a dit que j’étais normale, que des gens comme moi, surtout profs, il en rencontrait des tas. Il m’a dit que notre environnement au travail devrait sérieusement être revu, et que le burn out touchait souvent les gens (comme moi), qui ont des « prédispositions » : trop consciencieux, trop inquiets, plus sensibles au stress que d’autres... BINGO! Il m’a dit que j’aurai un traitement, et que je serai arrêtée pour toute l’année scolaire. Que petit à petit, on travaillerait sur la reprise au travail, que je ne devais pas me reconvertir: j'étais juste malade. On allait m’aider à engager des procédures pour que je puisse retravailler dans de bonnes conditions.

Chaque mois, j’avais des objectifs. Au début, c’était uniquement penser à moi et ne plus parler du travail. Il ne devait plus exister dans ma vie. Et on l’a réintégré petit à petit. J’ai d’abord fait le tri dans mes affaires. Puis j’ai pu relire des documents pendant 10mn. Puis des durées plus longues. Puis me remettre à préparer des cours. C’était devenu une phobie en fait, et on avançait tout doucement. J’ai rencontré d’autres médecins de différentes instances, expliqué ma situation, envoyé des certificats médicaux pour obtenir des aménagements, et j’ai demandé une mutation. Il faut signaler que j'ai été chanceuse et bien entourée, reçue par des personnes compréhensives, positives, qui ont tout fait pour m'aider.

En janvier, je suis tombée enceinte. On ne va pas se leurrer : ça a énormément aidé, car cela a dégagé beaucoup d’ondes positives, cela m’a aidée à prendre du recul, forcée à rester zen car je ne voulais que le meilleur pour mon bébé. Donc j’ai continué mon chemin... 

En juin j’ai obtenu ma mutation dans un collège où j’avais déjà travaillé. Bonheur total, je savais que j’y serais bien, j'allais avoir un cadre familier et je me sentirai protégée. Je me sentais mieux.


Les réactions de mon entourage face à une vie « en arrêt maladie ».

Mes proches ont joué un grand rôle dans ma « progression ». Ils ont tout de suite vu que je n’étais pas dans mon état normal. Mon humeur, ce que je disais : rien ne correspondait avec mon caractère habituel. Tout le monde était très étonné, mais compréhensif. Moi qui avais peur de leurs réactions, j'étais rassurée: à leurs yeux je n'étais pas une grosse sous-merde: j’avais juste pété un câble.

Avec eux, j’ai listé tout ce qui n’avait pas été, tout ce que j’avais en travers de la gorge. Ca tenait sur une page A4, recto verso, c’est vous dire. Mes parents ont tout de suite compris. Ils ont tout de suite mis le doigt sur le mot « burn out ».  J’ai discuté avec mon syndicat, avec des gens qui connaissaient ce genre d’expérience. J’ai eu beaucoup de soutien, d’encouragement. On m’a répété que je n’étais ni folle, ni incompétente, ni fragile ou chichiteuse.

On m’a répété que j’adorais mon métier, que c’était mon truc. Que je ne devais pas faire autre chose, que j’avais juste pas eu de chance. J’ai rencontré un conseiller du rectorat, qui m’a dit la même chose. De là, j’ai commencé à accepter que j’étais malade, et pas incompétente : oui pour ce métier, mais non dans ces conditions.

J’ai eu de la chance : la majorité des gens m’ont soutenue. Il y a eu des gens qui ne comprenaient pas, mais ils étaient rares. Et puis... tant pis.

Mes parents méritent une palme: ils m’ont écoutée parler pendant des heures, ont tout fait pour me changer les idées. Mes amis proches aussi m’ont proposé des sorties, des activités, histoire de me distraire.

Mathias, mon chéri, fut un pilier incassable face à cette tourmente. Malgré les larmes, les crises de nerfs, les sautes d’humeur, les journées de léthargie... Il a toujours été là. Il ne m’a jamais lâchée. Il ne m’a jamais culpabilisée, il n’a jamais râlé lorsqu’il voyait que je dormais 15h par jour et que je ne faisais rien à la maison car je n’avais plus de forces... Ce fut un soutien, une aide incroyable pour avancer.

Pour ma famille, mes amis: ils se sont sûrement sentis impuissants, peinés de cette situation. Mais rien que leur présence fut un atout inimaginable. Aujourd'hui j'y crois encore plus: la gentillesse a des pouvoirs sans limites.


Et maintenant ?

J’ai repris le travail depuis bientôt un mois. Je m’y sens bien, et j’en suis super contente. Cela m’a fait du bien de revoir des élèves, et aussi mes collègues, qui sont bienveillants et avec qui c’est un plaisir de travailler. 

Je sais désormais que je suis très sensible, et facilement stressée. Je sais que je dois constamment faire attention à moi pour ne plus subir de débordement et mener une vie sereine. J’ai accepté cet épisode de ma vie, je n’ai plus (trop) honte d’avoir craqué, et je me dis que je n’ai de comptes à rendre à personne hormis moi-même: être bien dans mes baskets, dans ma vie, c’est tout ce qui compte. Et ceux qui ne comprennent pas ce que j’ai vécu, tant pis : je n’ai pas à culpabiliser pour eux.



Si vous m'avez lue jusqu'au bout, merci 💙

28 commentaires

  1. Coucou Caroline ♡

    J'ai pris avec beaucoup de bienveillance la lecture de ton article.

    Je me place plutôt du côté élève et bientôt étudiante que prof mais il y a des situations qui se connaissent a tous âges. Stress, sensibilité, hypersensibilité (tu as déjà lu à ce sujet ?) sont difficiles à gérer et à accepter avant tout.

    Je voulais souligner le courage dont tu as fait preuve au long de ce passage à vide et aussi la motivation avec laquelle tu as décidé de reprendre le métier de tes rêves.

    Si la vie t'a gentillement glissé cet événement c'est qu'elle savait que tu en sortirais grandie et d'autant plus confiante pour les années à venir.

    Belle route à toi, profite des bons moments et de ce doux métier qui ge correspond.

    A très vite;
    Chloé ☆

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    1. Merci beaucoup pour ce joli commentaire Chloé! <3

      Je pense qu'on peut tous être sujets à ce genre problèmes vu la multiplication d'éléments "négatifs" dans le monde d'aujourd'hui. Je n'ai jamais lu sur l'hypersensibilité, comment gérer ses émotions... Mais je devrais, car je suis archi concernée. Je pense me pencher sur le sujet aux prochaines grandes vacances, quand j'aurai du temps pour moi! Pour le moment je cours déjà partout avec le bébé et la reprise du travail, donc j'ai retenu la leçon: je me ménage et j'avance à mon rythme ^^

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  2. Salut Caroline!
    Merci d'avoir pris la peine d'écrire cet article, il a dû te falloir beaucoup de courage, de temps, de motivation et de force pour traverser cette épreuve. J'espère que de bien meilleures choses t'attendent pour 2018 et qu'au niveau du travail tu continueras à t'épanouir dans ce métier que tu adores!
    A bientôt!

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    1. Merci pour ton mot Fanny!
      Le temps est un don précieux dans ce genre de cas... Je suis ravie qu'on me l'ait accordé pour me sentir mieux et retomber sur mes pattes. Il m'a fallu 3 bons mois pour ne plus être triste, 3 autres pour envisager un retour au travail, et 5 autres pour m'y préparer sereinement. Sans cela, je ne sais pas quelle direction j'aurais prise!

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  3. Pumpkin Brownies28 janvier 2018 à 06:56

    Tu as fait le plus gros... et cest une belle histoire. En esperant que l'educ nationale realise un jour que notre metier peut nous detruire . Je tembrasse

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  4. Prof depuis peu, ancienne coach de vie, je sais et OUI, je sais, qu'il faut mettre ses besoins en arrosage automatique. Quoiqu'il arrive, il faut s'occuper de soi, et satisfaire ses besoins, c'est indispensable pour être bien avec les autres, c'est d'autant plus important dans ce métier passionnant mais terriblement envahissant.

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    1. Je ne pourrais pas dire mieux! Il faut savoir remettre les priorités dans l'ordre!

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  5. Merci d’avoir partager ton expérience avec autant de sincérité. Je me suis reconnue dans beaucoup de choses même si je n’ai pas été jusqu’au burn out (j’en étais pas loin).
    C’est vrai que le soutien de nos proches joue un rôle capital, surtout dans un société qui n’a plus le même respect et ne comprend pas le métier que nous exerçons.
    Bravo pour ton courage et ta détermination.
    Je te souhaite une très bonne continuation autant dans ta vie personnelle que professionnelle et j’ai hâte de voir ce que tu vas encore partager sur ton blog et ton compte Instagram.

    Je t’envoi plein de pensées positives,
    Sincèrement,

    Caroline (@naley_92)

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    1. Merci à toi <3 J'espère pouvoir continuer à partager de jolies choses avec toi et les autres copinautes! Prends soin de toi, j'espère que tu n'iras pas jusqu'au point de non retour et que les choses s'améliorent pour toi!

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  6. Bonjour Caroline et merci pour ce bel article. Je suis passée par là l'an dernier et je me retrouve dans tes mots... (à l'exception que je n'ai pas eu la chance d'avoir un psy digne de ce nom...). A 23 ans, pour mon 1er poste de titulaire j'ai été envoyée dans un collège "qui craint" Et je me suis retrouvée seule face à ces élèves et cette administration. Heureusement, mes proches ont été là pour moi et me donner le temps de me reconstruire. J'ai tout de même démissionné, pour aller vers le privé. (Et je sais bien que beaucoup me juge lâche d'être partie mais aujourd'hui j'enseigne et je suis heureuse alors ce n'est pas grave.)


    C'est le genre d'article difficile à écrire mais tes mots font du bien et on se sent moins seul. Merci.

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    1. Ton commentaire me fait sourire... Car longtemps vois-tu, je me suis jugée lâche de ne pas avoir eu le courage de démissionner pour prendre un virage à 180 degrés! Au final tant mieux car tout est bien qui finit bien!

      Mais tu vois, je ne te trouve pas lâche au contraire: tu as eu le cran de faire face à tes problèmes et d'agir! Et comme tu dis: tu es heureuse, et tu fais ce que tu veux. C'est juste désolant que tu aies du en passer par là, et que le monde professionnel ait fermé les yeux sur ta situation. Quant-à l'aide médicale... Pffff; C'est le genre de choses qui me fait rager. Je n'en ai pas parlé dans l'article, mais c'est une double bataille pour trouver un professionnel de confiance et se dépatouiller avec la paperasse.

      Je te souhaite de continuer à être épanouie!!!

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  7. Très heureuse de lire ton article, de voir que ça t'a fait du bien de l'écrire. Touchée par tes mots aussi forcément. Et très fière d'avoir pu t'inspirer.
    Tu connais mon histoire et mon parcours donc je ne me répéterai pas. Mais souvent la guérison, c'est d'admettre qu'on peut tous craquer un jour, surtout nous qui somme si sensibles.
    D'ailleurs quelqu'un parlait d'hypersensibilité. Je suis hypersensible émotionnelle. Ma prédisposition au burn out vient de là. Si ça peut t'intéresser, j'ai écris là dessus aussi.

    Je t'embrasse !

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    1. oui j'ai vu! quand j'aurais un peu plus de temps posée et calme, il faudra que j'étudie ce sujet, car plus le temps passe, plus je me sens concernée!

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  8. bravo , bel article, t'es courageuse d'en avoir parlé <3

    pareil que Azylis, j'allais te parler d'hypersensibilité , car je le suis aussi et je viens de le découvrir ! Dans notre métier d'enseignant c'est indispensable donc de se reposer et avoir du temps pour soi avant la surstimulation qui arrive très vite !

    Y a des bons livres, je pense que tu peux te retrouver dans tout ça ;) si t'arrives vraiment attend pas trop de lire, ça va t'éclairer =)

    bisou à toi !!

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  9. je te suis sur insta et j'ai voulu lire ton histoire lors de ton post, et bravo pour cet article et ton courage pour avoir dévoilé cette partie de ta vie. je n'ai pas vécu ce genre de situation mais oui tu n'es pas seule dans ce cas et je pense que notre "société" fait qu'il y a de plus en plus de cas et notamment dans ton métier (dont tu résumes très bien les envers et revers dont peu de gens en ont connaissance)
    j'ai souris à un passage en te lisant car ta grossesse est peut être arrivée au bon moment pour toi, une bouée de plus et celle là on s'y accroche à vie ;-)
    en tout cas je te souhaite tout le meilleur pour l'avenir, de la force et beaucoup d'amour ! Loin de la culpabilité et tout le reste ! bises
    amicalement
    stéphanien84

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    1. merci pour ton mot, il me touche beaucoup! Et oui, l'image de la bouée prend tout son sens pour la grossesse et le petit monstre potelé qui en découle ^^

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  10. Merci pour ce partage de ton vécu, qui m'a beaucoup touchée. Le témoignage d'Azylis était également émouvant.
    Merci de t'être ainsi livrée, de raconter avec transparence ce burn-out qui peut nous toucher tous à un moment ou à un autre... .
    Je te souhaite à présent tout le bonheur du monde, en famille et au travail...
    Bises, belle journée.

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  11. Bonjour Caroline, Bravo pour ce témoignage très touchant. Tellement vrai. je suis contente pour toi que tu es retrouvé la force et le courage de remonter cette mauvaise pente. je pense que ta poupée et ta mutation y sont pour beaucoup. Certaines personnes devraient lire ces témoignages afin de vraiment se rendre compte du mal des enseignants mais aussi dans d'autres secteurs d'activité. Je suis contente pour toi et te souhaite de belles choses et une bonne continuation. Gros bisous. Jennifer

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    1. Merci beaucoup Jennifer! J'ai écrit de mon point de vue, et donc je suis prof, mais tu as tout à fait raison: cela peut toucher n'importe quel autre métier!

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  12. Bonjour Caroline. Je découvre votre blog aujourd'hui et je vous remercie immensément pour ces mots si justes. Je suis à la fin de mon arrêt, de presque un mois, pour les mêmes symptômes. J'espère que la reprise va se faire sans trop de casse... en tout cas, vous lire me fait un bien fou. Je vous souhaite le meilleur :)
    Avec toute mon amitié !

    Fanny

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    1. Bonjour Fanny,

      Je vous souhaite une bonne reprise! J'espère qu'elle sera sereine et que tout ira pour le mieux! Je suis ravie que mon histoire puisse aider, même si c'est minime.

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  13. Bonjour Caroline,
    J'ai aussi vécu le burn-out dans l'enseignement, à 24 ans. J'étais professeur des écoles, c'était ma troisième rentrée. Trois jours avant la rentrée, j'ai eu des informations sur mon poste : remplaçante à 1 grosse heure de route de chez moi, cp-ce1 le matin, décharges de direction sur des niveaux différents (et dans des communs différentes) tous les après-midi. Deux jours avant la rentrée, la directrice a profité de mon arrivée pour me refiler les ce2, ce sera finalement cp-ce1-ce2, le matin, avec des élèves avec de grosses difficultés scolaires et comportementales. Moi qui avait une classe de tps-ps à plein temps l'année précédente, ça a été le choc. En quelques petites semaines j'ai perdu beaucoup de poids (mon imc indiquait "famine"), je pleurais, stressais, rien n'allait... Après quelques mois d'arrêt, j'avais aussi la phobie de reprendre. J'ai démissionné. Ca fait deux ans, deux ans sans salaire, sans chômage évidemment, mais j'ai repris des études pour un métier qui, je l'espère, ne me refera plus vivre ça. Bon courage pour la suite, le plus dur était de reprendre !

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    1. Hello! Je suis tellement navrée de voir que de telles situations se multiplient... J'espère qu'en effet, la suite ne te sera que favorable au contraire, bravo pour ton courage!

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  14. Bonjour Caroline,
    Je suis tombée par hasard... Ou pas sur ton article dans lequel je me retrouve. La différence c'est que je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance et plus précisément à l'ASE. Formidable service du Département qui n'en a rien à faire ni des enfants, ni des professionnels auxquels on en demande plus avec 3 fous moins de moyens.
    En 2016 j'ai fait une poussée impressionnante de psoriasis, j'étais encore plus sensible qu'à l'accoutumée... C'est dire... Faire des transferts entre les enfants que he suivais et les miens, pleurer avant et pendant une intervention. Et puis je me suis fait opérer du genou, ça a été le "bon plan" pour être absente plus de 2 mois. Mais mon psoriasis n'a fait qu'augmenter = traitement médicamenteux et anti dépresseurs et anxioliques. Tout cela me fait plus ou moins tenure mais en octobre j'ai craqué et mon médecin a diagnostiqué le burn out=15jours d'arrêt. Et comme toi je me questionne sur mes compétences, le choix de mon métier...
    Tout le monde n'est pas aussi comprensif que ton entourage.. Chez moi c'est encore très tabou. Mais je ne lâche rien je vais réussir à passer ce cap et retrouver la confiance et j'espère changer de poste.
    Merci pour ton témoignage Sophie

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    1. Hello Sophie!

      Je suis toujours triste de découvrir d'autres vécus comme le mien, même si je sais pourtant que je ne suis pas la seule... J'ai bien conscience d'avoir eu énormément de chance niveau entourage et suivi médical! J'espère sincèrement que tu retrouveras un poste dans lequel tu seras plus épanouie, ou bien que la situation s'arrangera à ton travail. Je ne peux pas te dire ce qui est le mieux... Juste te conseiller de te préserver, et de prendre du recul avec le boulot.

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  15. Salut Caroline,

    Moi aussi j'ai craqué je me suis retrouvée (un peu) dans ce que tu as décris... Moi je n'ai pas craqué mentalement mais physiquement... J'ai enchaîné les malaises et d'autant plus grave que c'est mon coeur qui a flanché sans maladie sans explication. J'ai été arrêté 1 mois et demi afin que je me repose... Les vacances de Noel sont arrivée (moi aussi je me suis posée des questions sur ma démission, sur mon avenir professionnel, qu'est-ce que j'allais faire si je n'enseignais pas... Bref ça a été un moment douloureux autant physiquement que moralement) et avec la fin de mon arrêt maladie, l'angoisse et le stress de devoir retourner dans ce collège ou je n'étais pas la bienvenue ou la principal dès le premier jour m'a bien fait comprendre que je n'étais pas assez bien pour son établissement et pour les élèves qui y étaient...
    La dessus des parents plus que sur le dos des professeurs et une classe abominable... J'étais épuisée... Epuisée au bout d'un mois et demi de cours je me demandais déjà comment j'allais faire pour tenir jusqu'au vacances de toussain, et jusqu'en Juin ? Impossible ! Je suis tombée une première fois devant l'école de mes enfants... Premier aller à l'hôpital... J'ai été hospitalisé en soin intensif cardiologie pendant 24h sous monitoring après un n-ième malaise... le stress je ne le supportais plus... En Janvier le rectorat m'a téléphoner j'avais le coeur dans le ventre... On m'a annoncé que je ne retournerais plus dans ce collège... sérieusement quand j'ai réccorché j'avais l'impression qu'on m'avait enlever un poids de 3 tonnes que j'avais sur les épaules... J'ai chanté LIBEREE DELIVREE JE N'Y RETOURNERAIS PLUS JAMAIS !!! Bref le mois c'est écoulé et aujourd'hui nouvelle affectation, jour de rentrée (pour moi) et je revis ! Je respire ! Ma vie de prof est la plus belle ! De nouveau l'envie de me donner à fond pour MES élèves !
    Gros bisous !!!

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    1. Hello Pamela! Je suis ravie que tout aille mieux pour toi désormais!
      C'est quand même dingue (et à la fois merveilleux) que notre corps dise STOP quand nous n'y arrivons pas... Mais grave d'en arriver jusque là! Je ne te souhaite que du positif pour la suite!! bisous!

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